Pourquoi avoir choisi d’écrire une trilogie sur des sabreurs ? S’agit-il d’une discipline ou d’un art qui vous est familier ?
Plus jeune, j’ai assidûment pratiqué le kendo qui me procurait force et apaisement. J’écrivais des nouvelles sur le sabre, qui ont mûri en moi pour tisser une histoire de plus grande envergure. Mon intrigue se déroule dans un Japon féodal imaginaire car cela fait sens pour les thèmes que j’explore tout en me laissant une liberté d’écriture. J’ai voulu sublimer le sabre grâce à un univers dans lequel la Voie est source de magie sacrée. Ceux qui la suivent sont appelés des kenshi, et la pratique de leur art permet d’invoquer l’énergie des kami (les esprits/dieux/forces célestes).
Quelles ont été vos sources d’inspiration pour Le Sabre de Neige ?
En parallèle de la mythologie grecque et des romans de cape et d’épée, j’ai été nourrie par la littérature japonaise (La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, les œuvres de Yukio Mishima). L’histoire reprend les codes du parcours initiatique dans un contexte d’arts martiaux afin de mieux les tordre et les questionner. Les relations sont troubles, avec un lien entre un maître et son disciple dans ce qu’il y a de plus beau et de plus sombre à la fois. Les lames incarnent ici une infinité de concepts : l’ambition, le désir, le pouvoir, le chemin vertueux à suivre, mais aussi la ligne taboue à franchir.