Sommes-nous tous malades? La médecine, ses approches de l’humain, son vocabulaire ont pénétré notre univers quotidien. Une telle médicalisation de notre existence n’est pas sans effet. Les problèmes du corps et de l’âme se voient systématiquement redéfinis en pathologies et les différentes phases de la vie accompagnées de l’aide technique médicale. Celle-ci nourrit les fantasmes d’un homme libéré de sa vulnérabilité et de la douleur par la chimie et les biotechnologies: un homme sans fièvre. Ainsi, paradoxalement, à mesure que la médecine identifie toujours plus de maladies, les hommes rêvent de parfaite guérison et en font à la fois une exigence personnelle et un idéal social. Pourtant, soigner n’est pas un geste anodin, guérir ne se fait pas sans souffrance et généraliser le modèle médical, c’est aussi prendre le risque de banaliser sa violence spécifique.
Édité pour la première fois en 2013, le discours n’a pas vieilli et la relecture lui donne une résonance supplémentaire, alors que les débats sur la fin de vie reprennent. Le Quotidien du médecin.
Édité pour la première fois en 2013, le discours n’a pas vieilli et la relecture lui donne une résonance supplémentaire, alors que les débats sur la fin de vie reprennent. Le Quotidien du médecin.
