Vous êtes ici

L'oeuvre
544
Date de parution: 
04/01/1968
EAN : 
9782253008873
Editeur d'origine: 
Le Livre de Poche

L'oeuvre

Marie-Ange Voisin-Fougère (Préfacier)

5,10€
4,99€

Détails promotions contenus

Détails
Thème 
Collection  

Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur. Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création.

 

Les derniers avis

5

L'Oeuvre, 14e roman de la fameuse saga des Rougon-Macquart, Emile Zola se lance cette fois ci dans le milieu artistique entre 1860 et 1880. Il y raconte le destin tragique d'un peintre raté.
Claude vit à Paris et consacre son temps à la peinture d'un chef d’œuvre. Éternel insatisfait, il persiste encore et encore, envers et contre tous, pour réussir son chef d’œuvre qu'il souhaiterait plus que tout exposé au Salon. Le fameux Salon, qui constitue chaque année le point d'orgue du milieu artistique. Être exposé au Salon, être saluer par la critique, plébisciter par le peuple parisien serait pour lui la réussite suprême de sa carrière.
On assiste à ses heures de peinture, de découragement, de colère, ponctuées par les visites de ses amis, tous dans le milieu artistique : peintre, architecte, écrivain, journaliste.
Puis, arrive un jour Christine. Jeune femme fraichement débarquée de province, qui va rapidement s'attacher au peintre. Un chamboulement dans la vie de cet artiste solitaire.

La vision de Zola est omniprésente dans le roman, grâce au personnage de Sandoz. Un roman dur, pessimiste, où la perfection empêche d'être satisfait. Une impuissance à réussir sa vie qui domine tout le long et pour tous les personnages.
Zola s'inspire directement de ses souvenirs personnels, grand ami de Cézanne, Manet et d'une multitude de peintres de cette époque, il connait très bien ce domaine. Mais aussi une documentation extraordinaire sur Paris, sur les techniques de peinture et de sculpture. J'aimerais beaucoup lire les carnets de "préparation" qui ont l'air d'être une vraie mine d'or. Si quelqu'un a des infos ? ;) On ne lit pas ce tome dans la quête d'une histoire à rebondissement. Le rythme est assez lent, on se laisse couler dans ce milieu. On se laisse promener dans le Paris de la fin du XIXe siècle. Les descriptions sont somptueuses. Les couchers de soleils, le froid, la pluie, les ateliers, les dîners, les promenades. Une vraie fresque de l'époque condensée en "quelques" pages.

3
L’Œuvre de Zola. Le 13e Rougon-Macquart m’a beaucoup séduite. Les malheurs du héros, ce peintre Claude Lantier, fils de Gervaise de l’Assommoir, qui ne parviendra pas à trouver le succès et sera systématiquement refusé au Salon des expositions artistiques. On a dit que Claude était le pendant de Paul Cézanne, l’ami de Zola depuis le collège d’Aix-en-Provence, qui lui-même se représente dans ce roman sous les traits de l’écrivain Sandoz. On a entendu dire que Cézanne s’était fâché de cette comparaison avec un peintre « raté ». Or, il n’y a pas que du Cézanne dans l’œuvre, il y a beaucoup de Manet, notamment avec sa célèbre toile Le Déjeuner sur l’herbe. En fait, comme l’explique Marie-Ange Voisin-Fougère dans la préface passionnante du livre : « Cézanne et Manet ne sont pas les seuls modèles dont s’inspira Zola… ». Pour ne pas vous dévoiler l’histoire, j’arrête là la citation, mais sachez que Zola s’inspire de nombreux peintres. Cette œuvre qui s’inscrit dans la pure tradition des Rougon-Macquart, son style très cru et particulier, m’a enchantée comme les autres de la série et m’a appris beaucoup de choses sur l’organisation et le déroulement des Salons : celui des admis et celui des refusés. Le Paris de la fin du XIXe siècle, celui des sans-le-sou qui seront, dans la pure tradition « zolienne » et naturaliste frappés par des malheurs successifs. L’histoire se lit en quelques jours, on est embarqué par le style romanesque et l’écriture si particulière. Je recommande tout particulièrement la nouvelle édition du Livre de Poche, fort bien illustrée par des peintures, dessins et portraits des peintres impressionnistes et dont la préface très bien documentée, et les notes m’ont autant enchantée que le livre.

Liés