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Serena
528
Date de parution: 
05/09/2012
EAN : 
9782253161462
Editeur d'origine: 
Le Masque

Serena

8,60€

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Années 1930, Smoky Mountains. George Pemberton, riche exploitant forestier, et sa femme Serena forment un couple de prédateurs mégalos, déterminés à couper tous les arbres à portée de main pour accroître leur fortune. Mais le projet d'aménagement d'un parc national, pour lequel l'État convoite leurs terres, menace leurs ambitions. Pemberton s'emploie à soudoyer banquiers et politiciens. Sans états d'âme, Serena a d'autres arguments : le fusil, le couteau, le poison, et un homme de main dévoué… Après Un pied au paradis, Ron Rash nous propose un drame élisabéthain sur fond de Dépression et de capitalisme sans foi ni foi. La nature, hostile et menacée, s’y mesure âprement aux pires recoins de l’âme humaine.

Ron Rash signe ici une version sauvage de la tragédie grecque, au cœur des montagnes boisées de la Caroline du Nord. Dominique Artus, Le Point.

Les coups de coeur des libraires

L'avis de Christophe Daniel, de la librairie La 25e Heure à Paris

A la fois roman noir et drame shakespearien, faisant la part belle à cette nature sauvage de la région des Appalaches, Serena donne à lire, entre autre, le portrait d’une femme prête à tous les crimes pour satisfaire son ambition et sa cupidité, semant la terreur dans l’exploitation forestière qu’elle dirige avec son mari. Tant dans l’action du roman, que dans l’écriture ciselée de Ron Rash, cette tragédie noire de l’Amérique de la Dépression hante son lecteur bien après avoir refermé le livre ; on n’oubliera pas de sitôt « Serena » : impitoyable et saisissant !

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L'avis de la librairie Soleil Vert

Ron Rash confirme avec Serena son talent, même si, ce dernier est plus complexe, moins "poétique" et souffre de quelques longueurs. Néanmoins on retrouve les grandes préoccupations de l'auteur, la vie rurale, le milieu ouvrier, la précarité, la nature et sa destruction progressive par les grandes entreprises naissantes. Serena se passe dans les années 30 et Ron Rash sait décrire les ambiances et les décors.

[...]

Serena est donc une oeuvre littéraire qu'on s'accordera éventuellement à assimiler à du roman noir, mais comme Un pied au Paradis, la frontière entre les genres reste très vague. Il décevra les lecteurs d'intrigues policières ou de thriller et plaira plus à un lectorat de littérature dite "blanche". Pour autant, il est dans son style un peu en dessous d'Un Pied au Paradis mais son approche sociale de cette époque nous rappellera facilement Steinbeck, ou, chez nous, Zola. On sent bien chez Ron Rash une exacerbation liée aux inégalités des chances et un besoin de revenir à des valeurs plus proches de la terre et au moins de respecter cette dernière. Sans doute le fait de placer ces romans dans les années 30 ou 50 est une façon aussi de nous dire que quelque soit la période, les problèmes restent les mêmes et qu'en comparaison de notre monde moderne actuel, finalement les hommes, les idées, la politique ou l'économie ne changent pas vraiment. On s'enrichit comme on peut. Il reste une certaine morale, même si elle passe par la vengeance, celle qui se mange froide, mais qui nous ramène qu'à un seul destin, pas de l'humanité mais à celui de Rachel autre personnage féminin emblématique, qui aurait bien mérité de figurer au titre de ce roman.

Serena est dans le discours clairement plus ambitieux qu'Un pied au Paradis. On ne sort donc pas déçu de ce roman mais l'on espérera que Ron Rash saura renouveler la forme surtout si ces grandes préoccupations restent le fondement de son oeuvre, dans ces prochains récits. Il faut donc lire Serena pour ce qu'il est, un roman social, et surtout, parce que si vous avez adoré Un pied au Paradis, premier roman de l'auteur, il m'apparaît intéressant de suivre son évolution.

Les derniers avis

3
c'est un livre formidable et serena n'ai pas une garse
3
Blogueur

La fin du récit est surprenante, inattendue,  tragique mais pas pour tout le monde. 

Serena n’a qu’une vraie rivale : la Nature, grandiose, superbe, éblouissante qu’elle s’acharne à saccager par cupidité. Cependant, là rôdent encore les animaux sauvages, l’ours et le puma, ce puma que Pemberton s’acharne à poursuivre mais qu’on ne voit jamais car les hommes sont restés des chasseurs,  toujours prêts à tuer ou à être tués. 

Ce roman m’a fascinée.  Je l’ai aimé presque autant que celui de Edward Abbey : «Le feu sur la montagne» ou le dernier de John Irving :  "Dernière nuit à Twisted River", ce qui n'est pas peu dire.
Ce que j'apprécie chez les auteurs américains, c'est qu'ils ne craignent pas la démesure. Serena est monstrueuse et cruelle, sauvage dans ses désirs, à l'égal des animaux qui rôdent autour d'elle, sauvage comme la Nature grandiose où elle vit, cruelle et inhumaine comme ces entreprises qui saccagent les forêts. 

Dans un entretien l’auteur expliquait vouloir que le paysage agisse comme un personnage de ses romans car pour lui  le paysage façonne le destin et  l'environnement façonne notre perception de la réalité. Il se dit convaincu que, dans l'art, le particulier est un canal qui mène à l'universel et que, par conséquent, les meilleurs écrivains régionaux sont aussi les plus universels.

C’est vraiment un très beau roman que je viens de lire là.